Pas mal non ? C’est français
À l’occasion des 40 ans de la franchise, Konami sort un nouvel épisode de sa saga de chasseurs de vampires, le premier épisode inédit sur consoles et PC depuis 2014.
Les Castlevania sont pour la plupart des jeux d’action-plateforme à défilement horizontal, se déroulant dans un univers gothique où vous incarnez un chasseur de vampires, le plus souvent issu du clan Belmont, Dracula étant l’ennemi juré des héros.

Dès le deuxième épisode, mais surtout en 1997 avec Castlevania: Symphony of the Night, la série développe une exploration non linéaire : il faut récupérer certains objets ou capacités pour débloquer de nouveaux passages. Cette formule donnera plus tard son nom à tout un genre, le « Metroidvania », auquel ce nouvel épisode se rattache pleinement.
Développé par les Bordelais d’Evil Empire et Motion Twin, Castlevania: Belmont’s Curse reprend le meilleur de la série et nous place dans la peau de Rose Belmont, fille de Trevor Belmont et Sypha Belnades (héros de Castlevania III: Dracula’s Curse et de la série animée Netflix). Le style très « anime » des personnages fait d’ailleurs le lien avec la série. L’action se déroule en 1499 dans un Paris en flammes. Convoqués par l’évêque pour lutter contre le mal qui s’empare de la ville, Trevor et sa fille vont enquêter dans la Ville Lumière et affronter vampires et autres morts-vivants.

Ce n’est pas la première incursion d’Evil Empire et Motion Twin dans l’univers de la saga : les développeurs avaient déjà signé l’extension « Return to Castlevania » pour leur jeu phare, Dead Cells.
Le gameplay est nerveux, et pour se défendre, Rose dispose de sept familles d’armes, de l’épée au ceste en passant, bien évidemment, par le fouet emblématique de la série.
Pour remplacer les traditionnelles sous-armes (la hache, la croix…), Evil Empire a imaginé le système des Arcanes. Rose a hérité de sa défunte mère un jeu de tarot magique, que Trevor lui remet au début de l’aventure. Au départ, seule la carte « Le Maudit » lui permet de lancer un sort, une boule de feu. Les autres se gagnent au fil de l’histoire : chaque boss vaincu est scellé dans une carte, qui devient alors un Arcane et confère ses pouvoirs à Rose. Mieux encore, l’esprit du boss déchu continue de s’adresser à elle et commente la situation, un peu à la manière des dieux dans Hades. Certains chercheront à l’aider, d’autres conserveront leur nature maléfique. En accomplissant certains défis, baptisés « Œuvres de Miséricorde », vous pourrez en outre améliorer vos sorts.

Bien sûr, le jeu reprend les éléments familiers de la série : la carte se dessine au fil de l’exploration, et de nombreux lieux restent inaccessibles tant que vous n’avez pas obtenu le pouvoir nécessaire. Très vite, vous obtiendrez le fouet arcanique, qui apporte de la verticalité à l’action : il sert de grappin pour s’accrocher au décor, mais aussi pour fondre sur un ennemi et l’attaquer. La lumière sacrée, elle, révèle certains passages et permet de parer les projectiles ennemis. Tout cela peut se combiner : rien ne vous empêche de vous accrocher à un ennemi volant tout en parant les tirs d’un autre et en lançant un sort.
Les reliques trouvées au cours de votre quête vous octroieront en outre de nombreux bonus, passifs comme actifs.

Les deux studios mettent ici à profit l’expérience acquise sur Dead Cells et, pour Evil Empire, sur The Rogue Prince of Persia, pour livrer un jeu mêlant action et séquences de plateforme assez relevées.
Paris, et plus largement la France, est l’autre personnage principal du jeu. On y croisera bien sûr Notre-Dame, mais on affrontera aussi une Jeanne d’Arc corrompue, le tout servi par une direction artistique de bon goût qui stylise parfois les ennemis en ombres chinoises.
La bande-son, signée Daniel Asadi (compositeur de The Rogue Prince of Persia), est parfaite, voilà, c’est dit. Elle mêle arpèges de synthé et nappes d’orgue qui rappellent l’héritage gothique de la série.
Ayant un petit faible pour les épisodes de la saga sur consoles portables, j’ai adoré y jouer sur Steam Deck. Je ne saurais dire pourquoi, mais les Metroidvania se prêtent particulièrement bien au jeu nomade.

J’ai trouvé la difficulté excellemment dosée pour mon niveau. Le jeu offre un vrai challenge, m’obligeant à recommencer plusieurs fois certains passages ou certains boss, mais avec l’expérience, on finit par en venir à bout. À noter : même avec des niveaux et des pouvoirs bien acquis, on peut encore mourir sous les coups de simples ennemis de base, pour peu qu’ils soient un peu nombreux. De quoi rester sur ses gardes jusqu’au bout.

Côté confort de jeu, les points de sauvegarde sont plutôt bien espacés, et vous débloquerez plus tard des points de voyage rapide qui limitent les allers-retours. Il est même possible de régler assez finement l’équilibrage du jeu, par exemple en autorisant la réapparition devant la porte des boss, en augmentant les dégâts infligés aux ennemis ou en réduisant ceux reçus par Rose. De quoi permettre aux plus jeunes ou aux moins aguerris de profiter de l’aventure.
Techniquement, le jeu affiche un framerate solide et propose des textes en français, les voix étant au choix en anglais ou en japonais.

Castlevania: Belmont’s Curse est un superbe cadeau pour les 40 ans de la série. Cet épisode en respecte parfaitement l’esprit, tout en puisant dans le savoir-faire des développeurs bordelais et dans la narration de la série Netflix. Il propose en outre l’un des meilleurs systèmes de combat du genre, servi par des phases de plateforme exigeantes et bien pensées. Une excellente direction artistique et une bande-son moderne viennent compléter l’écrin. Les fans de la première heure comme les nouveaux venus auraient tort de s’en priver : les Belmont sont de retour, et en grande forme.
Castlevania: Belmont’s Curse est disponible depuis le 15 octobre 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, PC (Steam et Xbox) et Switch (compatible Switch 2). Les collectionneurs pourront se tourner vers la Midnight Edition, qui inclut une galerie numérique réunissant la bande-son complète (71 morceaux) et plus de 100 illustrations. Et pour les indécis, une démo gratuite permet de tester le jeu avant de craquer.
