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Crazy Taxi: World Tour : test du multijoueur

Ecrit par papa

Le temps d’un week-end, SEGA a ouvert les portes du Multiplayer Closed Network Test de Crazy Taxi: World Tour, une bêta fermée entièrement consacrée aux modes en ligne. Deux cartes, deux modes, six bagnoles et beaucoup de tôle froissée : voici nos impressions, manette en main, sur PC.

Petite mise au point pour situer l’événement. Après le Crazy Taxi originel (arcade puis Dreamcast) et Crazy Taxi 2, la série a surtout tourné en rond : un troisième épisode sorti sur Xbox et en arcade, vite oublié, puis une longue série de déclinaisons portables et mobiles. Autrement dit, Crazy Taxi: World Tour est le premier « vrai » épisode console et PC depuis plus de vingt ans. Ce n’est pas un remaster de plus, c’est un retour.

Et le multijoueur en ligne, lui, est carrément une première pour la licence — Fare Wars sur PSP se contentait d’un mode sans fil local. C’est précisément ce que ce test fermé mettait sur la table : rien que de l’online, sans la campagne solo World Tour qui accompagnera le jeu final.

 Première bonne nouvelle : ça tient. On retrouve immédiatement cette sensation très particulière de la série, celle d’une voiture quasi indestructible qui traverse la ville sans se soucier une seconde des conséquences. Les carambolages s’enchaînent derrière vous, les piétons plongent, le trafic part en vrille, et le jeu ne vous en tient jamais rigueur. Le Crazy Dash et le Crazy Stop — accélération et freinage éclair — restent le cœur du système, et il faut une poignée de courses pour retrouver le bon geste.

La conduite est brouillonne, arcade jusqu’au bout des jantes, parfaitement jouissive. On verra plus loin que ce manque de précision assumé n’est pas sans conséquence sur l’un des deux modes.

Attention, on n’affronte pas des humains tout de suite. Le mode classé vous colle d’abord face à des adversaires contrôlés par l’ordinateur, le temps de grimper les premiers rangs (de F vers A) et de débloquer le matchmaking contre de vraies personnes. Comptez une bonne demi-heure avant d’y accéder.

Pickup Race : la formule d’origine, en plus nerveux

Le premier mode est le plus évident, et sans doute le meilleur. Jusqu’à six taxis s’élancent simultanément dans la ville pour déposer un maximum de clients à bon port, le plus vite possible. C’est très exactement la formule solo de Crazy Taxi, à ceci près que cinq autres chauffeurs, aussi déjantés que vous, visent les mêmes clients

L’idée est simple à saisir et fonctionne immédiatement. On ne se tape pas dessus, on court après le même client, on prend un raccourci qu’on espère meilleur que celui du voisin, on regarde le classement grimper ou s’effondrer dans le coin de l’écran. Le suivi des positions en temps réel, avec les écarts en mètres, transforme chaque livraison en petite victoire arrachée. C’est la variante la plus logique, et la plus réussie.

 Cops ‘n’ Cabbies : bonne idée, exécution frustrante

Le second mode oppose deux équipes : des taxis d’un côté, des policiers de l’autre. Dans nos parties, la répartition était de quatre chauffeurs contre deux flics. Les taxis doivent remplir un quota de clients déposés dans le temps imparti ; les policiers doivent les en empêcher, tout simplement en leur rentrant dedans à coups de Crazy Nitro.

Encaissez assez de coups et votre endurance tombe à zéro : direction la fourrière, derrière des barrières. Un collègue chauffeur peut vous libérer en défonçant le panneau de contrôle voisin — un système de délivrance qui crée de jolis moments de solidarité entre taxis. Détail savoureux relevé par le jeu lui-même : les sirènes de police se coupent à l’arrêt, ce qui permet aux flics de tendre des embuscades.

Sur le papier, tout cela est très séduisant. En pratique, j’ai nettement moins accroché. Côté policier surtout : avec des véhicules qui partent dans tous les sens et une conduite volontairement imprécise, viser un taxi précis au milieu du chaos relève plus de la chance que du talent. Le gameplay de Crazy Taxi, si plaisant dès qu’il s’agit de foncer, montre ici ses limites dès qu’on lui demande de la précision. À équilibrer.

 Le contenu de cette bêta restait volontairement resserré : deux cartes, West Coast et sa réinterprétation très assumée de San Francisco, et une carte allemande avec son château et sa cathédrale. Côté garage, six véhicules, dont le légendaire taxi jaune décapotable de la série, complétés par un pick-up, un combi, quelques sportives — chacun avec ses statistiques, son nombre de passagers et ses pièces à équiper. Quatre personnages étaient également disponibles.

Le cross-play, enfin, était bien de la partie, avec choix de la région de matchmaking. Une bonne chose pour un jeu qui misera clairement sur le remplissage rapide de ses parties à six.

Impossible de parler de ce jeu sans évoquer le nuage qui l’accompagne depuis son annonce. Sa fiche Steam indiquait initialement que SEGA avait recours à l’IA générative « comme outil de support pour les développeurs » : une formule assez vague pour enflammer les réseaux dans la journée. L’éditeur a depuis rectifié le tir — l’IA n’aurait servi qu’à l’idéation d’objets de décor — et la mention a été réécrite pour garantir qu’aucun contenu généré par IA ne figurera dans le jeu final. La clarification n’a pas dissipé le malaise de fond. Entendre un éditeur vanter un outil d’aide à la création pendant que l’industrie enchaîne les plans de licenciements a de quoi crisper.

 Ce Closed Network Test ne montrait qu’une facette du jeu — le solo scénarisé promis pour la version finale restait hors champ — mais il rassure sur l’essentiel : la sensation Crazy Taxi est bien là, intacte, bruyante et immédiate. Pickup Race est très fun, une transposition en ligne évidente et immédiatement addictive. Cops ‘n’ Cabbies demande encore du travail, notamment sur le ressenti côté police.

Il reste du temps pour ajuster tout ça : Crazy Taxi: World Tour est attendu en 2027 sur PS5, Xbox Series, Switch 2 et PC. Le taxi jaune a encore quelques mois pour affûter ses freins.

Testé sur PC lors du Multiplayer Closed Network Test, sur une version de développement non finalisée.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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