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Halo: Campaign Evolved

Ecrit par papa

Aaah aaaah oo ahhh ooa ahhhh… (chœurs grégoriens, forcément.)

Le Master Chief est de retour dans un remake du tout premier épisode de la série, remis au goût de nos consoles et PC modernes. Sorti le 28 juillet, Halo: Campaign Evolved débarque simultanément sur Xbox Series X|S, PlayStation 5 et PC — et directement dans le Game Pass Ultimate et le PC Game Pass pour les abonnés.

Alors que Marathon est sorti il y a quelques mois, c’est un autre titre phare né chez Bungie qui revient sur nos écrans. Et Halo: Combat Evolved a une histoire particulière : le jeu a d’abord été dévoilé lors d’une conférence Apple, avant que Microsoft ne rachète Bungie et fasse d’Halo le fer de lance de sa nouvelle console, la Xbox. Le studio reprendra plus tard son indépendance, mais Microsoft conservera la franchise.

Ce remake est confié à Halo Studios (anciennement 343 Industries), l’entité maison entièrement dédiée à la licence — et il arrive à point nommé pour fêter les 25 ans de la série.

Retour sur l’anneau

L’histoire commence in media res. Vous incarnez un soldat en armure de combat dont on ne verra jamais le visage, le fameux Master Chief, à bord d’un vaisseau humain, le Pillar of Autumn, qui découvre une gigantesque structure artificielle en forme d’anneau : Halo. Attaqué par le Covenant, une alliance de races extraterrestres, le vaisseau s’écrase à la surface de l’anneau. Dans ce jeu de tir à la première personne, vous allez devoir percer les mystères des lieux, épaulé par votre IA Cortana — et à grands coups de fusil d’assaut.

Développé sous Unreal Engine 5, cet épisode bénéficie de graphismes largement retravaillés, ainsi que d’ajustements de level design et de gameplay destinés à lui faire profiter des raffinements apportés par les épisodes ultérieurs.

Ce qui n’a pas changé (et c’est tant mieux)

Le jeu conserve tout ce qui fait l’essence de la série. De l’action, d’abord, avec un arsenal et des véhicules variés. De l’exotisme, ensuite, avec ce monde étrange et ces adversaires mystérieux dont on peut récupérer les armes — mention spéciale au Needler, l’arme iconique des guerriers Covenant, qui déverse une nuée d’aiguilles autoguidées sur sa cible. Halo, c’est aussi un gameplay parfaitement réglé : le feedback des armes reste excellent, et le fusil d’assaut a toujours ce feeling si particulier. Un vrai plaisir que d’enchaîner les fusillades en jonglant avec la recharge de son bouclier d’énergie.

C’est enfin une histoire passionnante, pleine de mystères et de rebondissements. Les cinématiques ont d’ailleurs été retravaillées et les dialogues réenregistrés.

Halo: Campaign Evolved garde également quelques aspects un peu datés, mais tellement typiques de la série. Ces Grunts (Unggoy) qui hurlent et détalent en voyant débarquer le Master Chief, par exemple, apportent leur petite touche de bouffonnerie à l’aventure. Le jeu conserve aussi sa physique, disons, approximative, qui fait toujours sourire — en particulier certaines animations de ragdoll. Et que dire du Warthog, ce buggy équipé d’une mitrailleuse tout aussi iconique, dont la conduite finit inévitablement en carambolage et en éclats de rire. Tous ces éléments sont à ce point indissociables de la série que toute tentative de les « corriger » relèverait du sacrilège.

Ce que le remake ajoute

Le remake apporte par ailleurs son lot de petites améliorations de gameplay, ainsi que neuf armes issues des épisodes ultérieurs de la saga. On récupère ainsi l’Épée à énergie, le Fusil de combat, le Fusil à aiguille ou encore le Fusil à plasma Brute, qui viennent enrichir un sandbox à l’origine beaucoup plus restreint. S’y ajoutent une mobilité revue et un système de visée affiné, ainsi que de nouvelles possibilités de détournement de véhicules.

Manette en main, les commandes s’avèrent efficaces mais assez standards à l’aune d’un FPS de 2026 — même si, encore une fois, ce fusil d’assaut a vraiment un feeling à part. C’est en ressortant la version précédente, pour les besoins de cet article, que la mesure du travail accompli saute aux yeux : les améliorations de confort sont nombreuses, et loin d’être anecdotiques. Ne serait-ce qu’un bouton dédié à la visée, ou l’indication de la direction et de la distance du prochain objectif, et l’expérience change du tout au tout.

Surtout, Halo Studios ne s’est pas contenté de refaire les dix missions d’origine : le jeu en compte désormais treize. Les trois nouvelles composent Operation: METEORITE, un arc narratif inédit qui se déroule un an avant les événements du premier Halo. Le Master Chief et le sergent Avery Johnson y infiltrent un vaisseau agricole du Covenant en orbite au-dessus de la colonie humaine vitrifiée de Promise, à la recherche de données pouvant mener à High Charity. L’occasion de creuser la relation entre les deux hommes — et de croiser des Brutes, absents de la campagne classique.

Une première sur PlayStation

À noter qu’il s’agit de la première sortie d’un jeu de la franchise sur une console Sony, et ce sans la moindre fenêtre d’exclusivité Xbox : les trois versions sont arrivées le même jour. Même sans être porté sur les guéguerres de consoles, difficile de ne pas trouver la chose marquante. Seule nuance pour les joueurs PlayStation : là où le titre est inclus dans le Game Pass, il faudra passer à la caisse sur PS5, aucun accord équivalent n’ayant été conclu avec le PlayStation Plus.

Techniquement, ça donne quoi ?

L’amélioration graphique est particulièrement notable. Vous me direz qu’en 25 ans, ce serait la moindre des choses — mais le rendu est aussi sensiblement plus beau que celui du remaster de 2011, Combat Evolved Anniversary. Le niveau Silent Cartographer vous fait ainsi combattre sur une plage magnifique, avec une mer superbement reproduite. Sans surprise, c’est ce passage que Microsoft a mis en avant lors des présentations précédant la sortie. Il faut toutefois nuancer un peu ces louanges : une bonne partie du jeu se déroule dans les couloirs de vaisseaux et de bases, et là, les décors restent assez simples.

Ce nouveau moteur profite néanmoins beaucoup à certaines séquences. La première rencontre avec le Flood/Parasite, ce moment où le shooter militaire bascule le temps d’un niveau dans le survival horror, gagne nettement en impact dans cette version.

La bande-son a elle aussi été remasterisée, et tout le design sonore reconstruit. Si le doublage américain mêle comédiens d’origine et nouvelles voix, la version française fait table rase : exit David Krüger, voix du Major depuis 2001, et Laëtitia Lefebvre dans le rôle de Cortana. Un choix vraiment dommage, tant ces timbres étaient associés à la série pour toute une génération de joueurs francophones.

Nous avons principalement testé le jeu sur PC, tous curseurs graphiques poussés au maximum. Il y tourne remarquablement bien, avec un framerate élevé et stable — un seul freeze à déplorer sur l’ensemble de notre partie.

Coopération et rejouabilité

Côté multijoueur, le titre annonce la couleur dès son nom : Campaign Evolved, donc tout est centré sur la campagne. On retrouve néanmoins la possibilité de la parcourir en coopération. Les versions consoles (Xbox Series et PS5) autorisent l’écran partagé, pour retrouver un ami sur le canapé comme à l’époque. Et la coopération en ligne monte jusqu’à quatre joueurs, en cross-play entre PC, Xbox et PS5, avec progression croisée.

Enfin, la rejouabilité n’a pas été oubliée. Le mode Campaign Remix permet de rejouer n’importe quelle mission avec des ennemis, des armes et des effets de visibilité générés aléatoirement. Chaque niveau cache par ailleurs trois crânes à dénicher : les collectionner débloque des défis plus corsés, des bonus (comme par example munitions illimitées) ou des options franchement absurdes — des confettis à chaque ennemi éliminé, ou ce crâne qui vous oblige à sauter partout façon « the floor is lava ».

Verdict

Vingt-cinq ans après, Halo: Campaign Evolved réussit l’exercice délicat du remake respectueux. Le passage à l’Unreal Engine 5 fait des merveilles sur les grands espaces de l’anneau, les neuf nouvelles armes enrichissent un sandbox à l’origine un peu maigre, et Operation: METEORITE offre un vrai supplément d’âme plutôt qu’un simple niveau bonus. Surtout, Halo Studios a eu l’intelligence de ne pas gommer les aspérités qui font le charme du jeu : la conduite catastrophique du Warthog, les Grunts hystériques, la physique fantaisiste. Tout est là.

Les couloirs restent des couloirs, ceux qui trouvaient The Library interminable en 2001 ne changeront pas d’avis en 2026, et l’abandon des voix françaises historiques laissera un goût amer aux fidèles. Mais pour découvrir Halo ou y replonger, c’est aujourd’hui la meilleure porte d’entrée.

Test réalisé sur PC à partir d’une version fournie par @Xbox.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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