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Les Coulisses de Devolver – Business et punk attitude

Ecrit par papa

Cet ouvrage paru chez la maison d’édition Toulousaine Third Éditions (collection Sagas), narre en détail la création de Devolver, leurs succès, leurs coups d’éclats mais aussi leurs échecs.

Le livre est le fruit d’une rencontre en marge de la Paris Games Week entre les auteurs Baptiste Peyron et Pierre Maugein avec Graeme Struthers de Devolver en 2017. Baptiste fut rédacteur chez Consoles+ et Joystick, et écrit ses premiers livres. Pierre est l’auteur du livre “La Légende Final Fantasy VI” (chez Third Éditions également) et il est pigiste pour JV, Canard PC ainsi que VideoGamer. 

Le premier contact avec le livre c’est sa superbe couverture colorée et psychédélique dessinée par Niklas Åkerblad plus connu sous le pseudo de El Huervo. Et El Huervo c’est le responsable des couvertures des jeux Hotline Miami (un jeu très important pour Devolver) et Hotline Miami 2: Wrong Number. Il a d’ailleurs aussi composé quelques titres de la BO de Hotline Miami. 

Si le nom Devolver reste associé au fameux jeu Hotline Miami, l’histoire de l’éditeur commence bien avant, plus exactement au Texas. Dans les années 90,  Mike Wilson y croise Henry Miller chez Dwango une boite en avance sur son temps permettant de jouer en ligne par le réseau téléphonique. Plus tard Mike Wilson rejoindra les rangs d’id Software, oui les légendaires développeurs de Wolfenstein 3D et Quake.

Mike Wilson suivra John Romero, le co-fondateur d’id software, pour créer Ion Storm un autre studio à Dallas en espérant, sans succès, atteindre son idéal d’autoédition. Mike quittera Ion Storm et fondera en janvier 1998 avec 4 autres compagnons (dont Harry Miller et Rick Stults) Gathering of Developers (“collectif de développeurs”) un label alternatif d’édition et de promotion de développeurs indépendants avec pour philosophie de garantir aux studios la détention de leur propriété intellectuelle (IP) et allouer aux développeurs un intéressement substantiel sur le chiffre d’affaire, à contre-courant total de l’industrie pour l’époque. Ils seront rejoints par quelques studios dont Epic Megagames (connus à l’époque pour Jazz rabbit et pas encore pour Fortnite) et  3D realms (Duke Nukem 3D). Mais en 2000 l’aventure Gathering of Developers s’arrête, car racheté par Take Two. Les compères fondent alors Gamecock qui éditera quelques jeux au succès d’estime. Hélas la crise économique de 2008 emportera la société. 

Convaincus que leur idée de mettre les développeurs en avant avait de l’avenir, Mike Wilson, Henri Miller, Rick Stults, Graeme Struthers, et un nouveau venu Nigel Lowri, lancent la boîte de la dernière chance au printemps 2009 qu’ils appelleront Devolver.

Le livre développe comment l’équipe doit beaucoup à ses débuts au développeur Croate Croteam, à la montée en puissance de Steam et à l’attrait du public pour les ressorties de vieilles licenses.

Mais c’est par le biais de l’un des développeurs du Studio Vlambeer qu’ils rencontreront les deux jeunes suédois créateurs du jeu qui sera plus tard connu sous le nom de Hotline Miami. Ce jeu ultra violent, hypnotique et à la bande son impeccable lança réellement l’éditeur et contribua à définir son identité.

Le livre s’attarde ensuite sur le processus de recherche de jeux de l’éditeur, tout en flexibilité, à l’affût constant d’opportunités. C’est ainsi qu’il contacteront Ojiro Fumoto, le développeur de Downwell par un simple tweet. C’est d’ailleurs par un autre tweet qu’ils réussirent à éditer Metal Wolf Chaos XD un jeu du développeur FromSwoftware (Dark Souls).

Pour en savoir plus sur la méthode Devolver, les auteurs ont réalisé de nombreux entretiens avec des développeurs comme le studio français Le Cartel pour leur jeu Mother Russia Bleeds.  Le livre évoque aussi les polémiques et leur gestion par Devolver  (sur Scum ou Mother Russia Bleeds).

Les auteurs établissent un tournant en 2015 dans les méthodes de Devolver, forcés à être plus stricts sur les milestones, ces objectifs fixés aux développeurs en échange de financement. En effet certains projets avaient un peu trop tiré sur la corde, tels que Crossing Souls et EITR.

D’ailleurs on voit ici les limites d’un tel ouvrage face à l’actualité. Le livre multiplie les citations de développeurs d’EITR à propos du soutien de Devolver, hors depuis la sortie de l’ouvrage Devolver a finalement lâché le développeur.

Il sera aussi question de Fork Parker, ce personnage imaginaire responsable financier fictif avide et acerbe devenu image de la marque.

Le livre évoque aussi les relations pour le moins compliquées entre l’éditeur punk et l’ESA la société qui gère le fameux salon de l’E3. Et surtout comment les roublards eurent l’idée de s’implanter sur le parking en face de l’E3. Et bien sur la punk rock attitude de Devolver s’exprime aussi dans leurs soirées. Pour l’avoir expérimenté en 2016, le stand Devolver est l’une des meilleures choses de l’E3, et aussi l’une des plus déjantée.

Il est aussi question de la création de la conférence E3 annuelle de l’éditeur débutée en 2017 comme une blague et se moquant ouvertement de celles de leurs concurrents.

Enfin le livre prend le temps d’aborder Devolver Digital Films l’expérience avortée dans le milieu cinématographique.

Instructif, riche en entretiens et illustrations, “Les Coulisses de Devolver – Business et punk attitude” est à conseiller à tous ceux qui veulent en savoir plus sur le monde du jeu indépendant et en particulier sur une facette importante: sa commercialisation.

Test réalisé grâce à une version du livre fournie par l’éditeur. 

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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