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Shenmue III

Ecrit par papa

Après une légère attente de seulement 18 ans, Yu Suzuki nous offre enfin la suite de la saga Shenmue.

Shenmue III commence exactement là où s’était arrêté son prédécesseur en 2001. Dans les années 90, Ryo Hazuki, fils d’un maître en arts martiaux japonais décide de venger son père assassiné devant ses yeux par Lan Di, un maître chinois, venu chercher un mystérieux artefact (le miroir du dragon). Cette quête l’entraînera à Hong Kong puis en Chine. En chemin il arrivera dans le village reculé de Bailu où il rencontrera Shenhua une jeune fille aperçue dans ses rêves. Avec son aide il essaiera d’en savoir plus sur les miroirs et poursuivre sa recherche de Lan Di.

Shenmue premier du nom fut l’un des fers de lance de la Dreamcast, la défunte console de Sega et peut-être l’équivalent vidéoludique de la Porte du Paradis pour le cinéma: comme le film de Cimino pour United Artists, il est souvent cité parmi les raison de la faillite de Sega en tant que constructeur. En effet ce fut le jeu le plus onéreux de l’époque, on évoque un budget de 47 millions de dollars ce qui était alors vertigineux (désormais il s’agirait d’un montant très raisonnable pour un AAA) et qui ne fut pas rentabilisé en raison d’un parc de consoles trop faible. 

Mais Shenmue c’est surtout le pionnier du jeu en monde ouvert en 3D. Il a aussi fait connaître le Japon à de nombreux joueurs.

Dire que l’aventure prend son temps dans Shenmue III est un doux euphémisme. Ryo commencera par chercher le père de Shenhua et s’occuper d’une bande de bandits. Et c’est un peu un jeu à l’ancienne : tel personnage vous suggérera de parler à tel autre villageois qui lui-même vous emmènera rencontrer un autre individu. Par moment des événements scriptés interviendront et feront avancer l’aventure. On retrouvera aussi le cycle du temps cher à la série et plutôt rare dans les jeux d’aventure de nos jours. Ainsi un habitant ne rentrera chez lui qu’à une certaine heure ou alors il vous faudra attendre la soirée pour rencontrer quelqu’un. 

Si l’open world est un peu daté avec ces zones plus petites et souvent délimitées jusqu’à ce qu’on ait interrogé la bonne personne, sa conception témoigne d’une plus grande minutie. Par exemple tous les villageois ont des visages et des tenues très différentes, ils ont aussi des attitudes et des dialogues propres et n’ont pas l’air de personnages aussi génériques que dans les open world actuels. 

Une barre de vie servant à la fois de jauge de santé et d’énergie décroît au fur et à mesure de vos actions et du temps. On la recharge simplement en mangeant ce qui vous obligera à prendre de petits boulots pour gagner votre vie. 

Les aficionados de la série seront content de retrouver ce qui en fait le sel : les arts martiaux, l’histoire, l’Asie les mini-jeux bien sûr ! Car même si votre personnage a pour but de venger la mort de son père et de retrouver le père de sa petite amie, il ya toujours un peu de temps pour jouer à des jeux d’adresse et de hasard ! 

On retrouve les combats à la Virtua Fighter (évidemment car Yu Suzuki fut Producer & director du fameux jeu d’arcade) rapides et nerveux. Ryo sera même encouragé à s’entraîner au dojo local pour gagner des techniques (et il ne faudra pas hésiter car certains combats peuvent s’avérer ardus).

Contrairement à ce qui avait été dit ci et là avant sa sortie, le jeu est joli, coloré avec une direction artistique à la fois réaliste et naïve. Côté animation, les mouvements de Ryo, pourtant athlète rompu aux arts martiaux sont particulièrement rigides, et en cela ne dépayseront pas les habitués de la série. Les dialogues sont au choix en japonais ou en anglais sous-titrés en français. On regrettera les transitions parfois un peu abruptes entre les différents plans de caméra lors des scènes cinématiques. 

Pour ceux qui n’ont pas envie de refaire les premiers épisodes (récemment ressortis sur nos machines actuelles) il est possible de regarder une courte vidéo résumant les deux jeux précédents. Et cela est fortement recommandé, sans cela l’introduction semblera un peu abrupte pour les nouveaux joueurs. 

J’ai apprécié la naïveté rafraîchissante de l’histoire et des personnages. Shenmue III offre un peu d’évasion face au cynisme ambiant. Dans Shenmue III, on enlève toujours respectueusement ses chaussures en entrant dans une maison, et Ryo n’entrera pas dans la chambre de Shenhua, même vide. Shenmue III offre une histoire plus terre à terre, sans constamment imposer de batailles dramatiques ou d’intrigue complexes comme le font les productions actuelles, il faudra le plus souvent humblement jouer à cache-cache avec des enfants ou couper du bois. Et ça aussi c’est du jeu vidéo. 

test réalisé à partir d’une version PC fournie par l’éditeur.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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