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Pragmata

Ecrit par papa

C’est toujours une excitation particulière que de voir naître une nouvelle licence chez le prestigieux éditeur Capcom. Et nous sommes ravis d’avoir pu explorer plus avant ce jeu après notre essai à la gamescom 2025.

When the moon hits your eye, like a big pizza pie…

Membre d’une équipe de cosmonautes dépêchés pour enquêter sur la perte de communication avec une base lunaire, Hughes se retrouve rapidement seul rescapé de son groupe. Il découvre une installation désertée de ses occupants humains, mais grouillant de robots malveillants.

Il fait heureusement la connaissance d’une fillette androïde à laquelle il donnera le nom de Diana. Ensemble, ils unissent leurs forces pour tenter d’échapper à cette base désormais sous l’emprise d’une IA maléfique.

La combinaison de Hughes est équipée de propulseurs lui permettant d’effectuer des esquives rapides ou de petits bonds en longueur. Il dispose également d’un arsenal varié — ces armes se révèlent toutefois initialement peu efficaces contre les puissants androïdes de la station. C’est là qu’intervient Diana. Juchée sur les épaules de Hughes, elle met à profit ses compétences cybernétiques pour pirater les androïdes ennemis et les affaiblir, rendant ainsi les tirs de son partenaire bien plus dévastateurs. Le gameplay repose entièrement sur cette symbiose entre les deux personnages.

Concrètement, le jeu se présente comme un TPS (tir à la troisième personne) dans lequel chaque affrontement exige de résoudre un puzzle pour que vos tirs soient pleinement efficaces. Le hacking est représenté par une grille sur laquelle vous déplacez votre pion pour atteindre l’objectif, en passant si possible par des cases bonus offrant divers avantages : affaiblir davantage l’adversaire, le ralentir, voire enchaîner plusieurs ennemis simultanément. Le défi n’est pas insurmontable en soi, mais le véritable enjeu réside dans la coordination : ce mini-puzzle se manipule avec les boutons de la manette pendant que vous continuez à diriger Hughes avec le stick. Réactivité et dextérité sont de mise.

Une crainte légitime au départ — ce gameplay particulier tiendrait-il sur la durée ? La réponse est oui, et c’est en grande partie grâce aux upgrades d’armes et aux modules de hacking, qui renouvellent constamment vos possibilités tactiques.

Les boss ponctuant chaque niveau sont gigantesques et affichent des patterns d’attaques variés, ce qui vous amènera à exploiter différemment les capacités de hacking de Diana — quand ces derniers ne tentent pas de les court-circuiter via des antennes spéciales, ajoutant une couche de pression supplémentaire.

Couche par couche

La direction artistique est une réussite indéniable. La combinaison de Hughes, très détaillée, ne sera pas sans rappeler celle de Vanquish aux amateurs du genre. Des murs holographiques dissimulent çà et là quelques secrets, ajoutant une dimension exploratoire bienvenue à l’ensemble.

Le lore vient solidement ancrer cette ambiance : toute la base repose sur l’exploitation du luum, un minerai découvert par accident lors de l’exploration lunaire. Son raffinage par nanomachines a permis d’obtenir la lunafibre, un matériau capable de reproduire des données structurelles et fonctionnelles. Cette installation n’est, en somme, qu’une immense imprimante 3D quasi magique — capable de dupliquer n’importe quel objet à l’identique.

C’est cette prémisse qui donne au jeu sa palette visuelle la plus folle. Une reconstitution de Times Square surgit au détour d’un couloir, avec ses enseignes lumineuses et ses façades familières — mais parcourue d’erreurs d’impression qui distordent le réel et instillent un malaise tenace. Plus loin, un biome végétal luxuriant pousse au cœur de la base comme une anomalie organique, aussi impressionnant qu’incongru. Pragmata excelle dans ces contrastes : le familier rendu étrange, le grandiose teinté d’inquiétude.

Le Berceau : une anomalie de douceur dans la tempête

Le jeu est organisé en niveaux distincts, accessibles depuis un hub central baptisé le Berceau, que l’on rejoint en empruntant un tram. Ce havre de paix est le lieu idéal pour acheter ou améliorer votre équipement : augmenter vos dégâts, renforcer votre défense ou développer les capacités de hacking de Diana. Une dose de collectionnite adoucit les temps morts — souvenirs terrestres, objets et jouets destinés à amuser Diana, figurines mini cabin ou encore pièces de bingo.

Durant les niveaux, des trappes disséminées avec soin vous permettent de rejoindre le Berceau à tout moment, faisant office de points de sauvegarde naturels. Leur espacement généreux vous invite à souffler régulièrement, sans jamais donner l’impression d’être pénalisé. Attention toutefois : emprunter ces trappes fait réapparaître les ennemis, dans la philosophie chère à Dark Souls.

Des zones verrouillées par des cartes rouges proposent quant à elles des défis optionnels plus corsés, assortis de récompenses à la hauteur de l’effort.

L’arsenal est varié : quatre types d’armes (attaque, défense, tactique et le pistolet principal) se débloquent progressivement au fil de votre aventure, enrichissant vos stratégies pour venir à bout des adversaires. Le jeu intègre également une dimension plateforme non négligeable : il vous faudra souvent trouver le meilleur chemin pour activer un interrupteur ou un générateur de lunafibre afin de progresser.

L’histoire, quant à elle, joue la carte de la série B avec une conviction totale, dans la plus pure tradition Capcom — et ça fonctionne. Le duo Diana-Hughes s’avère étonnamment touchant : Hughes, taiseux et bourru, se découvre malgré lui une âme de père de substitution pour cette petite IA qui rêve d’être humaine. Les notes éparpillées dans la base complètent intelligemment le récit. Le tout dégage un parfum indéniable de l’ère PS3/Xbox 360 — cette époque bénie où les jeux d’action à grand spectacle ne se prenaient pas trop au sérieux, et n’en étaient que plus attachants.

L’IA a pris le contrôle. Et c’est magnifique.

Le doublage français est de bonne facture, ce qui est toujours appréciable. Pragmata est disponible sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2 et PC via Steam. Le test a été réalisé sur PC, mais le jeu tourne remarquablement bien sur Steam Deck et Switch 2 — un vrai plaisir de pouvoir emporter cette aventure lunaire dans sa poche.

Pragmata réussit à maintenir un équilibre excellent entre exploration d’une base mystérieuse, combats nerveux et progression constamment enrichie de nouvelles améliorations. La boucle de jeu se révèle proprement addictive : difficile de lâcher la manette.

Test réalisé à partir d’une version PC (Steam) fournie par l’éditeur.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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