article de Papa Nintendo Switch

Monster Hunter Rise

Ecrit par papa

Sorcellerie ! Au bûcher !  C’est ce que je me suis dit en voyant de toute évidence la magie noire à l’œuvre faire tourner ce Monster Hunter sur le hardware vieillissant de la Switch.

Pour ceux qui ne connaissent pas la série, les Monster Hunter sont des jeux de chasse de monstres (thanks captain obvious !) nés sur la PlayStation 2, mais révélés sur la PSP, la première console portable de Sony, car ce format a favorisé les parties en multijoueur local de n’importe où. Monster Hunter Rise est le premier épisode dédié à la Nintendo Switch (Monster Hunter Generations / Monster X sorti sur Switch précédemment n’était qu’une transposition d’un jeu 3DS).

Le jeu prend place à Kamura, un charmant petit village connu pour son acier Tatara légendaire et l’histoire débute au moment où semble ressurgir la Calamité, un événement lors duquel d’innombrables monstres attaquèrent le village cinquante ans auparavant. En tant que nouveau chasseur vous allez aider les habitants à lutter contre ce fléau mystérieux. 

Monster Hunter Rise suit Monster Hunter World, qui initia un renouveau de la franchise. En effet, si dans les précédents jeux l’étendue de chasse était divisée en petite zones séparées par des micro-chargements tout cela a disparu avec Monster Hunter World et son monde ouvert utilisant pleinement les capacités des consoles de sa génération PS4 Pro/ Xbox One X/PC. Alors quand Capcom a annoncé que Monster Hunter Rise ferait de même sur la Nintendo Switch au hardware nettement moins performant (et disposant de très peu de jeux open-world), j’avoue avoie eu des doutes sur la jouabilité de la chose. Et là c’est le choc, le jeu effectivement offre des zones en forme de monde ouvert (certes plus petites que sur World) mais en plus le jeu est joli. Par quel rituel ancien et probablement maudit Capcom a-t-il pu réaliser ce tour de force ? il semble qu’un choix de technologie et de direction artistique a permis cette merveille, et je ne saurais trop vous recommander cette vidéo de Digital Foundry. En tout cas les zones de chasses sont superbes, remplies de faune et de flore, bref de vie. 

Et le gameplay n’est pas en reste. Le principal changement étant bien sûr l’ajout du Filoptère, un insecte qui permet de lancer des fils et de se propulser en l’air façon Spider Man. Il donne une dimension verticale inédite au jeu, et permet par exemple de traverser le relief afin de devancer le monstre obligé de le contourner pour s’enfuir. Il permet aussi de combiner déplacements et attaques. Chaque utilisation coûte un Filoptère,  heureusement qui se recharge avec le temps. On peut s’en servir pour esquiver rapidement une attaque ou pour se rapprocher de l’adversaire, et après son utilisation on peut même marcher sur les murs (en contrepartie de la baisse de jauge d’endurance). En fait on a l’impression d’utiliser un équipement tridimensionnel sorti tout droit de l’Attaque des Titans. Le filoptère permet en outre de déclencher des attaques spéciales appelées “Lien de soie”, celles-ci sont différentes pour chaque arme. Mais ce n’est pas tout, il est même possible de chevaucher (temporairement) un monstre grâce aux filoptères et de la soie de fer, et ainsi de le contrôler voir de le faire attaquer un adversaire dans des combats titanesques. 

Lors de vos chasses vous serez accompagnés de Pilpoils, des créatures très intelligentes qui aideront dans vos combats. Si les Palicos, des félins se tenant debout, bien connus des fanas de la série, sont de retour en tant que personnage de soutien vous pourrez en outre être accompagnés de Chumskys, des “Canynes” sortes de chiens-loups spécialement entraînés à Kamura pour devenir de fidèles compagnons de chasse. Vous pourrez même les chevaucher pour vous déplacer plus vite. Enfin une Hibouette vous accompagnera et pourra vous aider à localiser les monstres, voire même à prendre des selfies 😉 

Bien sûr une grande partie du jeu, comme les précédents, sera basée sur le gestion du loot, du crafting et de l’équipement (il faudra penser aussi aux armures et armes pour vos Pilpoils). Vous pourrez ainsi utiliser les monstres déchus pour vous faire de magnifiques armures bigarrées. 

Autre nouveauté, les missions calamités, qui vous amènerons à défendre la ville contre des hordes de monstres en plaçant balistes et autres canons dans un mode très inspiré des classiques tower defense. 

Le choix de la Nintendo Switch n’est pas anodin car il permettra de jouer avec jusqu’à trois autres joueurs en jeu local ou coopératif en ligne, et cela partout grâce au mode portable de la console qui en fait le support idéal. Toutefois, une version PC est prévue pour l’année prochaine.

Monster Hunter Rise se permet de subtiles améliorations qui rendent le jeu encore meilleur. Parmi les petits détails qui font plaisir, on note que le jeu fait moins de 8 Go, économisant de l’espace sur votre carte SD. De plus, les temps de chargement sont assez courts. Les petites séquences de présentation des monstres et des terrains de chasse avec des filtres de vieux films, contés par des chants traditionnels japonais et des instruments à cordes contribuent à l’excellente ambiance du jeu, et surtout cette fois on peut les passer d’une pression d’un bouton (contrairement à World). Dans un  souci d’accessibilité, le jeu fait aussi l’impasse sur certains éléments de survie non essentiels des précédents jeux (utilisations de certaines potions pour survivre à certains climats). En fait cet épisode est bourré d’améliorations dites de “Quality of Life” comme le fait de miner avec une seule pression d’un bouton. Autant de frictions en moins.

Tout n’est cependant pas parfait: c’est un Monster Hunter et il garde encore de nombreux écrans de texte faisant office de tutoriel (et cet agaçant message vous demandant si vous voulez sortir du tutoriel à chaque information) et la maîtrise du jeu suppose l’aide d’un ami ou des nombreux tutos vidéos et wikis. De plus, il faut toujours s’habituer à ces combats où le déclenchement des attaques entraîne une animation un peu longue qui demande de l’anticipation. Enfin je ne sais pas si c’est vraiment un défaut, mais le jeu n’offre pas de chat vocal en multi. Mais néanmoins il est indéniable qu’un effort a été fait, Monster Hunter Rise est plus flexible, moins frustrant et plus indulgent avec le joueur débutant. 

La bande son composée par Satoshi Hori est excellente (même si vous entendrez souvent certains thèmes) avec des morceaux catchy avec de superbes voix et l’utilisation d’instruments japonais traditionnels. On retrouve les habituels instruments à cordes pincées comme le shamisen ou le koto, les flutes shakuhachi et shinobue, ou les tambours taiko, mais aussi des instruments moins connus comme les luths biwa, le hautbois hichiriki, la flûte traversière ryūteki, les percussions atarigane, les cloches Kagura suzu, et la conque horagai (perso je suis preneur de tout samples de ces instruments, écrivez à la rédaction). Vous pourrez d’ailleurs trouver une version mini de la bande originale du jeu sur toutes les plateformes de streaming. 

Pour conclure Monster Hunter Rise est un des meilleurs éléments de la série et réussit la prouesse d’amener l’expérience next gen sur la Switch. Le jeu est indéniablement plus accessible aux nouveaux joueurs et on lâche difficilement le pad. 

Test réalisé à partir d’une version Nintendo Switch fournie par l’éditeur.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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