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Slay the Spire 2

Ecrit par papa

D’aussi loin que je me souvienne, les jeux de cartes ne m’ont jamais vraiment attiré. L’idée même d’une belote ou d’une paire d’as me fait instantanément décrocher. Pourtant, Slay the Spire fut une expérience tellement addictive que je ne pouvais pas passer à côté de sa suite.

Le jeu n’est pour l’instant qu’en accès anticipé (Early Access), donc certains détails vont probablement évoluer. Mais on retrouve une formule très proche du premier épisode — ce qui n’est pas forcément un défaut.

Pendant mille ans, la Flèche est restée dormante, ses secrets enfouis et ses horreurs oubliées. Aujourd’hui, elle s’est rouverte, plus affamée et plus dangereuse que jamais, dévorant tous ceux qui osent l’escalader.

Avant de vous lancer dans l’ascension, il vous faudra choisir votre personnage. Si votre première partie ne vous en propose qu’un seul, le soldat de fer, le même guerrier que dans le premier épisode, ce qui peut décevoir au premier abord —, vous en débloquerez d’autres au fil de vos runs, chacun apportant son propre style de jeu, ses cartes exclusives et de nouvelles façons d’aborder la montée. Pour l’instant deux nouveaux personnages ont fait leur apparition : le Tisse-Mort and le Régent

On commence la partie avec un deck très réduit, composé de cartes assez faibles : certaines infligent des dégâts aux ennemis, d’autres vous protègent des attaques. À la fin de chaque combat, vous pouvez intégrer une nouvelle carte à votre deck en choisissant parmi trois options tirées aléatoirement. Des cartes peuvent également être obtenues lors d’événements ou achetées en boutique.

Rapidement, votre arsenal s’étoffe : des cartes aux effets de plus en plus complexes apparaissent — buffs, debuffs, combos conditionnels, stratégies à plusieurs temps. C’est précisément là que le jeu révèle toute sa profondeur : lorsqu’on commence à réfléchir aux synergies entre les cartes pour démultiplier les attaques, enchaîner des effets ou construire une mécanique redoutable.

Mais les cartes ne sont pas les seuls outils à votre disposition. Les reliques — des objets conférant des bonus passifs tout au long de la partie — influenceront également vos choix de cartes et orienteront votre stratégie globale.

Trouver la bonne combinaison entre votre deck, vos reliques et vos autres objets permet d’infliger des dégâts massifs dans un jeu où, en règle générale, chaque attaque n’entame que peu les points de vie adverses. Découvrir l’une de ces stratégies gagnantes procure une satisfaction immense — celle-là même qui vous pousse à relancer immédiatement une partie.

C’est d’ailleurs ce qui fait le sel de jeux comme Magic: The Gathering ou Hearthstone : des cartes aux effets en apparence simples, clairement décrits, mais qui ouvrent une multitude de possibilités dès qu’on les combine avec d’autres. Cette réflexion stratégique s’exprime non seulement à chaque tour de combat, mais aussi tout au long de votre run, où il faudra choisir ses cartes avec soin et, surtout, savoir se débarrasser de celles devenues inutiles.

Slay the Spire 2 conserve la formule habituelle du roguelike : mort permanente à chaque run, decks et adversaires tirés aléatoirement. Le côté addictif du hasard est bien là — peut-être que ce run vous apportera les bonnes cartes au bon moment… allez, encore une partie.

Ce qui rend le jeu plus accessible, c’est qu’on débute avec un deck simple que l’on améliore au fil des combats. C’est bien moins intimidant que de construire méticuleusement un deck de soixante cartes comme dans Magic, et c’est en grande partie ce qui rend l’expérience plus accueillante que celle de nombreux concurrents.

Autre point appréciable : pas de DLC. Les développeurs y sont résolument allergiques, et c’est un vrai soulagement de ne pas subir le FOMO de la dernière saison en date vous obligeant à reconstruire — et surtout à repayer — votre deck, comme c’est souvent le cas avec Magic.

Même si l’on peut toujours choisir d’affronter la Flèche en solitaire, jusqu’à quatre joueurs peuvent désormais unir leurs forces dans un tout nouveau mode coopératif. Des cartes spécifiques au multijoueur, des synergies d’équipe inédites et, forcément, la possibilité de porter ses amis jusqu’à la victoire — ou de se laisser porter, selon les soirs.

Si le jeu semble familier de prime abord, il apporte son lot de nouveautés : de nouvelles cartes, reliques et événements enrichissent considérablement l’expérience.

Les événements méritent qu’on s’y attarde. À la manière d’un livre dont vous êtes le héros — ou d’une partie de Donjons & Dragons —, votre personnage se retrouve confronté à des situations mystérieuses ou des rencontres étranges, et vous devez choisir parmi deux ou trois options aux conséquences imprévisibles. C’est bien écrit, et cela apporte une vraie profondeur narrative à l’aventure. Le lore, plus développé que dans le premier épisode, en bénéficie particulièrement. On compte déjà une cinquantaine de ces événements dans Slay the Spire 2 en accès anticipé, soit nettement plus que dans le premier opus, même dans sa version finale.

On trouve désormais des cartes de quête : des cartes injouables obtenues lors des événements, qui offrent de précieuses récompenses une fois leur condition remplie. En contrepartie, elles représentent un véritable poids mort, qu’il faut accepter de conserver dans son deck pendant une longue période.

Du côté des graphismes, le style reste volontairement simple, mais les visuels ont été légèrement améliorés. Étant donné le stade d’accès anticipé, certains éléments graphiques ne sont pas encore finalisés et sont temporairement remplacés par des illustrations faites à la main, très basiques. Un choix assumé des développeurs pour éviter que des assets générés par IA ne se retrouvent dans la version finale, et c’est tout à leur honneur.

Le jeu est disponible sur Windows, Mac, Linux. A noter que le jeu est parfaitement compatible avec le Steam Deck : le compagnon rêvé pour une partie n’importe où. Dans les faits, ce sera surtout sur le canapé — mais l’option est là, et c’est déjà rassurant. On espère qu’il suivra les traces de son prédécesseur en débarquant également sur consoles et sur mobile, des plateformes particulièrement adaptées à ce genre de titre.

En l’état, Slay the Spire 2 n’a rien d’une simple redite : il affine, enrichit et modernise une formule déjà redoutablement efficace. Malgré son accès anticipé, le jeu affiche une maîtrise impressionnante, aussi bien dans la profondeur de ses mécaniques que dans la variété de ses situations. Chaque run raconte une histoire différente, chaque victoire donne envie d’en tenter une autre, et chaque défaite laisse entrevoir une nouvelle stratégie à explorer.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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