Un nouvel épisode de la célèbre série de RPG tactiques de Nintendo débarque sur nos Nintendo Switch.
Engagement !

Cette série d’Intelligent Systems (filiale de Nintendo responsable de séries cultes tels que Metroid, Paper Mario ou WarioWare) a débuté sur Famicom (la version japonaise de la NES) il y a déjà 33 ans mais n’a échoué sur les côtes françaises qu’en 2004 avec son 7e épisode sur Game Boy Advance. Depuis la licence a acquis une aura internationale, le dernier épisode Fire Emblem Three Houses s’étant particulièrement bien vendu, atteignant la tête des charts lors de sa sortie, autant dire que ce nouveau titre était attendu.
FUUUUUSIOOOONNNN

Dans Fire Emblem Engage vous incarnerez Alear, appelé le Dragon divin, un personnage d’apparence masculine ou féminine au choix alternant les couleurs bleu et rouge (yeux, cheveux, tenues…) qui se réveille amnésique d’un sommeil millénaire. Hélas au même moment s’est aussi réveillé Sombron, le Dragon déchu qui veut ravager ce monde. Pour pouvoir le vaincre vous et vos compagnons allez devoir récupérer les douze anneaux d’Emblèmes. Ces artefacts apportent le soutien d’un héros légendaire du passé à leur détenteur (façon stand de JoJo). Ainsi les habitués de la série seront heureux de retrouver les personnages emblématiques tels que Marth, Sigurd, Celica, … Pour pouvoir les utiliser sur le champ de bataille il faudra réaliser un engagement (ou fusion), votre personnage disposera alors durant 3 tours de caractéristiques améliorées et cela déverrouillera des techniques. Ces techniques seront particulièrement variées (esquive, attaques rapides, téléportation, ..)

La mécanique du jeu reste toujours la même, vous dirigez une équipe de héros qui va affronter ses adversaire dans des combats au tour par tour sur une carte grillagée. La partie débute par une phase de préparation vous permettant de choisir les compagnons qui vont combattre et assigner les Emblèmes à vos alliés. Chaque personnage peut se déplacer à une distance dépendant de sa classe et de son niveau représenté par les cases en bleu. A proximité d’un adversaire votre héros pourra l’attaquer, utiliser une compétence ou un objet. Une fois toutes les actions de vos personnages accomplies, vient le tour de votre adversaire. Chaque attaque est représentée par une animation voyant vos personnages affronter ou subir les attaques. L’objectif étant souvent d’éliminer le chef des ennemis mais il se peut que vous deviez simplement défendre une position.
Tri-Force

Mais surtout Fire Emblem Engage marque le retour du fameux triangle des armes, cette mécanique façon pierre feuille ciseaux, qui veut que les épées possèdent l’avantage sur les haches, les haches soient supérieurs aux lances, et les lances ont un bonus sur les épées. En plus de ce triangle, les arts de combat auront l’avantage sur les arcs, tomes et dagues. La nouveauté c’est que frapper un ennemi avec une arme ayant l’avantage permet de briser sa garde, et ainsi celui-ci ne pourra plus contre-attaquer jusqu’au tour suivant (attention cela vaut aussi pour vos unités).

La difficulté du jeu peut être ajustée à tous les niveaux et goûts, il y a même un mode combat automatique. Mais surtout on retrouve le choix entre le mode classique dans lequel chaque personnage tombé en combat l’est définitivement ou un mode débutant dans lequel ces personnages reviendront au combat suivant (je dois avouer que je joue souvent en débutant, c’est trop triste de perdre un de ses compagnons). Le jeu offre aussi la possibilité de revenir en arrière grâce à un cristal temporel draconique bien pratique quand on a fait une grossière erreur.
Comme dans les épisodes précédents, le jeu récompense le soutien entre unités. Par exemple, en combattant aux côtés d’un emblème, un allié gagnera de l’XP de lien. De même les unités combattant ou se soignant ensemble gagnent des points de soutien ce qui peut permettre des bonus de caractéristiques.

Après chaque bataille vous aurez droit à une petite séquence assez dispensable où il vous sera possible d’explorer la carte dans une vue à la troisième personne, de discuter avec vos alliés, et trouver un ou deux bonus. Vous pourrez aussi vous soigner et vous reposer à Somniel, le domaine du Dragon divin dans les nuages. Cela sera l’occasion d’interagir avec votre troupe. Cette base inclut de nombreuses activités. Bien sûr il y aura les inévitables forges, armureries, boutiques pour acheter/améliorer armes et consommables. Mais on y trouvera aussi un café où préparer des repas octroyant divers bonus. Il sera aussi possible d’aller voir les animaux que vous aurez adoptés et trouvés sur les différents champs de bataille. On ne retrouvera pas hélas la qualité de l’écriture de Fire Emblem Three Houses, et surtout les dialogues entre les personnages seront nettement moins intéressants.

Le plus gros reproche que j’ai concerne les multiples activités entre les combats qui n’ont que peu d’intérêt mais se révèlent parfois essentiels pour progresser dans les difficultés un peu plus élevées, comme l’activité consistant à polir les anneaux. Mention spéciale à l’activité d’entraînement physique qui consiste à appuyer en rythme pour faire pompes, abdos et flexions. Souvent celles-ci me sont apparues comme des corvées m’éloignant des excellentes batailles.

Fire Emblem Engage apporte un progrès technique indéniable par rapport au précédent épisode avec des décors plus détaillés et l’usage d’un anticrénelage offrant une image plus nette sur Switch. De même, la direction artistique a fortement gagné grâce à un excellent design en cell shading. La bande son est de très bonne qualité, reprenant souvent des thèmes classiques, et de plus chacun des royaumes a droit à ses motifs et instruments lui donnant une identité particulière.

Ce que j’apprécie particulièrement dans Fire Emblem Engage c’est la rapidité et la facilité des combats tactiques et son interface claire permettant d’avoir une bonne visibilité sur les conséquences immédiates de ses actions.

En dépit d’une histoire et de personnages un peu génériques, Fire Emblem Engage se concentre à nouveau sur ses combats tactiques offrant des ajustements bienvenus aux mécaniques classiques permettant des batailles particulièrement tendues sans que le jeu ne soit jamais frustrant.
Test réalisé à partir d’une version Nintendo Switch fournie par l’éditeur.
