article de Papa indé PlayStation VR PS4

Paper Beast

Ecrit par papa

J’ai pu essayer le rêve éveillé d’Éric Chahi en  VR 

Paper Beast est un jeu en réalité virtuelle sur Playstation 4 développé par le studio  montpelliérain Pixel Reef dont le fondateur n’est autre qu’Éric Chahi le petit génie de ce que l’on appelait la french touch des jeux vidéo à la fin des années 80. Éric Chahi est une légende dans le jeu vidéo français (je vous conseille d’ailleurs de lire sa bio par Daniel Ichbiah aux éditions Pix’n Love), ayant créé tout seul le jeu culte Another World en utilisant des techniques révolutionnaires pour l’époque. Puis ayant sorti son projet ruineux Heart of Darkness (sa « Porte du Paradis » de Cimino en somme) et revenu 13 an plus tard avec From Dust, un god game inspiré de sa passion pour la volcanologie (quand je vous dis qu’il est cool). Et voilà qu’il revient 9 ans après avec une nouvelle équipe pour un jeu en VR, autant dire qu’on attendait Paper Beast de pied ferme. 

J’ai donc enfilé mon casque PS VR (c’est une exclusivité Playstation 4) et lancé le jeu. Je me suis retrouvé sur …espace de travail virtuel de la société Quasar Computer, vantant les mérites de l’informatique quantique pour tous. Mmmm ce n’était pas sexy.

On me proposait de lancer une simulation d’effondrement d’étoiles massives. Pendant le chargement, l’interface me proposait d’acheter du crédit, de solliciter mes réseaux sociaux, de partager mes résultats voir d’utiliser mon réseau neuronal pendant mon sommeil pour diminuer le temps de calcul (quelque chose me dit que chez Pixel Reef on n’est pas trop en phase avec ce genre de pratiques) 

Après avoir essayé un mini jeu musical pop et coloré (mis en musique par le groupe japonais TsuShiMaMiRe), je suis dans une petite tente avec un magnétophone (cherchez sur internet ce que c’est les kids). Un coup de vent, le drap s’envole et je me retrouve au milieu d’un désert sur une planète inconnue au pied d’une grande créature quadrupède squelettique et blanche. Elle est différente de tout ce que vous connaissez. Le premier réflexe est peut-être un peu la peur, la défense, on est dans un jeu vidéo peut-elle vous détruire ? Non. Une créature ressemblant à un crabe de papier s’approche de vous, je recule instinctivement, elle se contente de prendre le magnétophone et l’emporte. La majestueuse créature se déplace. Il n’y a rien autour, je la suis. En chemin nous rencontrons d’autres êtres. On dirait des grands félins en origami. Nous passons à travers un défilé étroit. Des créatures se regroupent autour d’un point d’eau. Tout à coup une tempête de papier se lève, l’horizon s’obscurcit on ne voit plus qu’à quelques mètres, je m’abrite dans une grotte. J’y rencontre un autre quadrupède de papier poilu. Il me guide…

Les graphismes de Paper Beast sont peu détaillés et stylisés. On note un grand travail dans les couleurs, entre ce désert ocre et ces rochers d’un bleu azur. Les photos ne rendent pas justice aux créatures. Car leur animation nous rappelle des animaux et ils semblent réellement vivants. Interagir avec la faune de Paper Beast m’a rappelé Buddy, l’extraterrestre allié avec Lester, le personnage principal d’Another World. Là aussi la communication était non verbale. 

On se déplace par téléportation (le choix le plus judicieux en l’état des technologies actuelles afin d’éviter le mal des transports en VR). Un pointeur permet d’attraper des objets ou des créatures (elles sont en papier et ne pèsent donc rien) 

Le jeu dispose d’un moteur physique utilisé pour le gameplay: il faudra creuser une rigole dans le sable pour apporter de l’eau,  une sorte de vers servira de pompe (à sable, à eau) pour se frayer un chemin….

La musique du jeu, sachant se faire discrète est composée par le britannique Roly Porter, qui n’a vraisemblablement pas été choisi au hasard tant ses albums récents ont toujours été inspirés par le cosmos, 2001 l’odyssée de l’espace, en gros l’ailleurs. Elle contribue subtilement à l’ambiance et cette impression d’odyssée spatiale.

Paper Beast est un jeu où l’autre, bien que différent, n’est pas forcément un antagoniste. Ça parait si simple comme concept mais on si souvent tendance à l’oublier dans le jeu vidéo où tout n’est bien souvent que cible à abattre. 

Paper Beast est une vraie expérience dépaysante. Un jeu d’aventure où tout n’est pas sur-décrit et prémâché. C’est à vous de faire vos conclusions.

Test réalisé à partir d’une version PS4 fournie par l’éditeur.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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