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Into the Breach

Ecrit par papa

Les créateurs du jeu indé à succès FTL: Faster Than Light nous livrent une nouvelle pépite.

Into the Breach est un jeu de stratégie au tour par tour sur un plateau de 8×8 cases. Vous dirigez trois unités ayant chacune ses propres attaques et type de déplacement : un mécha géant, un tank et une unité d’artillerie.

Il vous faudra affronter des Kaijūs Veks, des monstres gigantesques tout droits sortis d’un film de Godzilla. Ces Veks vont s’attaquer aux habitations, aux usines et à certains points stratégiques. Plus tard vous pourrez débloquer d’autres d’unités. Oui l’influence de Pacific Rim et autres Evangelion est forte.

Pour gagner un niveau,  il faudra que vos unités et l’infrastructure survivent à 5 tours d’assauts des monstres. En effet votre jauge de grille énergétique (power grid) descend dès qu’un bâtiment est détruit.

Le jeu est découpé en 4 îles représentant autant d’environnements différents. Chaque île sera découpée en petits niveaux. Chaque niveau offrira des bonus pour l’accomplissement d’objectifs annexes (protéger un train, détruire un barrage, sauver un lancement de fusées…). Ces bonus permettront d’obtenir de l’armement ou de récupérer un précieux point pour votre grille d’énergie.

« Today, we are cancelling the apocalypse! »

Tout le monde n’est pas, hélas, Ibris Elba et il vous faudra un petit temps pour maîtriser votre équipe. Les Veks se mettront à vous enrouler dans leur toile, à vous attaquer avec leurs griffes ou à vous lancer des projectiles. Heureusement ils téléphoneront leurs attaques. C’est-à-dire qu’ils se mettront en position pour frapper vos unités ou les bâtiments et vous aurez le tour suivant pour les contrer. Et c’est à ce moment que vous comprendrez qu’une des mécaniques principale du jeu est de pousser l’ennemi : certaines frappes ou missiles en plus de faire subir des dégâts déplacent l’adversaire (et parfois vos unités), qui frapperont le tour d’après dans le vide. Il n’est donc pas toujours nécessaire de détruire l’ennemi et il sera plus utile de détourner son attaque.

L’environnement sera aussi à prendre en compte. Ainsi certains niveaux seront soumis régulièrement à la foudre, gare à l’unité restant sur une des cases marquées au prochain tour. De même des niveaux côtiers subiront les assauts des vagues, heureusement vos unités peuvent se déplacer dans l’eau mais ne peuvent pas tirer une fois immergées. Il y aura aussi les frappes aériennes ou l’activité sismique. Mais l’environnement ne sera pas toujours une menace : ainsi envoyer un Veks contre une montagne lui fera subir des dégâts, certains Veks ne supportent pas l’eau et peuvent être éliminés en y étant poussés. ..

En fait sous couvert d’un jeu de stratégie au tour par tour il s’agit d’un puzzle game : contrairement à la plupart des jeux de stratégie au tour par tour, il n’y a pas (ou peu) de hasard, pas de pourcentage de dégâts variable. Je pense que le jeu peut être qualifié de jeu à information complète selon la théorie des jeux, c’est-à-dire que le joueur a une information exhaustive au moment de la prise de décision de ses propres possibilités d’actions, celles de l’adversaire, les bénéfices de ses actions (le curseur de la souris permet de révéler les conséquences d’une attaque) ainsi que la motivation de l’ennemi (une flèche indique la cible du Veks).

Il y a un léger aspect rogue-like dans la mesure où il faudra finir le jeu d’une traite. Toute défaite vous fera recommencer les 4 îles depuis le début (le tout scénarisé en jeu par une histoire de voyage dans le temps). Mais vous pourrez conserver certains pilotes qui gagneront en expérience et en bonus.

« He protec »

Au bout d’un moment on comprend que le but est de protéger à tout prix les villes et non ses propres unités. Chaque bâtiment détruit vous fait perdre l’un des 7 points de votre power grid. Cette power grid est votre vrai barre de vie, pas celle des mechs, car ceux-ci sont sacrifiables. On élaborera des tactiques où vos méchas endureront les dégâts à la place des buildings. On utilisera les adversaires contre eux-mêmes. On devra faire des choix douloureux. Chaque niveau devient un petit casse-tête que l’on se plait à essayer de finir sans le moindre dégât.  C’est pour cela que ceux-ci ont été élaborés à la main et ne sont pas générés de façon procédurale.

Ben Prunty est de retour pour une musique d’ambiance toujours aussi agréable avec diverses harmoniques de cordes, harpes, violoncelle, piano et plusieurs couches de guitare électrique.

Techniquement le jeu est en pixel art et l’aspect miniature est très sympathique, le coté SD coloré fait aussi un peu penser à Advance Wars. On regrettera seulement les cartes stratégiques à l’aspect un peu sommaire.

Chris Avellone (connu pour son travail sur des jeux de rôle comme l’excellent Panescape : Torment) a participé à l’écriture du jeu. Cela se traduit par les dialogues des dirigeants de chaque île ou les petites bulles façon BD émanant de chaque building ou de vos unités.

Les développeurs de Subset Games ont retiré les éléments superflus dans Into the Breach, ils ont pratiqué le design par soustraction, pour ne laisser au joueur que l’essentiel de la stratégie : prendre des décisions et en assumer leurs conséquences.

Into the Breach est disponible sur Windows et doit prochainement être disponible sur Mac et Linux. Les développeurs ont confirmé travailler à une adaptation sur d’autres plateformes. On ne serait pas étonné de le trouver sur mobile et tablette où FTL avait bénéficié d’une nouvelle vie.

Test réalisé à partir d’une version PC fournie par les développeurs.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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