Plongez dans le Royaume d’Euchronie avec ReFantazio, un jeu de rôle captivant où la magie est omniprésente. Entre discriminations raciales et luttes de pouvoir, une aventure épique vous attend, marquée par des personnages aux destins croisés et des quêtes palpitantes faisant honneur à l’héritage des grands titres d’Atlus.

Metaphor: ReFantazio est un jeu de rôle qui se déroule dans le Royaume d’Euchronie, un monde fantastique où la magie règne en maître. Les gens les plus riches peuvent acquérir des catalyseurs, ces objets rares et chers permettant d’utiliser la magie. Cependant, la magie ne résout pas tous les problèmes. Ce royaume, divisé en différentes ethnies, est marqué par de profondes discriminations raciales et religieuses. L’histoire commence par l’assassinat du roi, exacerbant les fractures entre les habitants du pays. Le protagoniste de cette aventure appartient à l’une des peuplades les plus méprisées. Pourtant, il se donne pour mission de sauver le prince du royaume, victime d’une terrible malédiction, et d’empêcher le malfaisant Louis de prendre les rênes du pays. Au début, vous n’êtes accompagné que d’une petite fée, Gallica, mais vous rencontrerez de nouveaux compagnons aux cultures variées pour vous aider dans votre quête. On trouvera le noble déclassé, la soldate déchue, le père endeuillé, tous se joindront à vous. Le défunt roi, ayant plus d’un tour dans son sac, a utilisé une ancienne magie pour faire en sorte que la personne la plus respectée du peuple prenne sa place après sa mort. Notre héros s’engage alors dans un tournoi de prétendants au trône afin de déjouer la malédiction du prince et, qui sait, peut-être devenir roi lui-même ?

Thématiquement, on s’éloigne de l’aspect contemporain des séries qui ont rendu le studio Sega célèbre, telles que Shin Megami Tensei et sa célèbre série dérivée Persona, pour plonger dans un monde résolument médiéval fantastique. Pourtant, les adeptes de ces jeux se retrouveront vite en terrain connu grâce à un gameplay qui alterne entre la navigation libre dans les villes du royaume et l’exploration de donjons.

Tout comme dans les jeux Persona, chaque journée est soigneusement découpée en périodes diurnes et nocturnes. Le jeu est organisé selon un calendrier et certaines missions auront une date limite pour être accomplies, mais entre-temps, vous aurez toute la liberté nécessaire pour y parvenir. Vous pourrez ainsi développer vos liens avec différents personnages. Une bonne gestion de votre agenda sera cruciale. Un conseil: faites vos emplettes le Pazaudi (le jour sacré de la semaine) pour bénéficier de promotions.

Concernant les phases de donjons, on retrouve les combats au tour par tour typiques des jeux Atlus. Vos personnages développeront la capacité d’utiliser la magie sans catalyseurs, grâce aux Archétypes. En effet, vos personnages peuvent se transformer en archétypes, créatures représentant diverses classes de personnages de jeux de rôle traditionnels : guerrier, mage, voleur, etc. Chacun dispose de ses propres compétences et bonus passifs, et il vous sera possible de les faire évoluer. Le tout ressemble beaucoup aux Persona de la série éponyme. Et pour les faire évoluer il faudra vous rendre visite à More (qui joue le même rôle qu’Igor dans la série Persona). Il sera aussi possible de transférer un certain nombre de compétences d’un archétype à l’autre. Vos personnages peuvent aussi utiliser la compétence synergie permettant de lancer des attaques particulières associant deux archétypes.

Le plus grand changement concerne l’utilisation des Archétypes : tous les personnages peuvent apprendre de nouveaux archétypes, et pas seulement le protagoniste comme dans Persona. Cette flexibilité ouvre la porte à de nombreuses tactiques différentes pour venir à bout d’un donjon. Cependant, ces changements d’archétypes ne peuvent s’effectuer qu’en dehors des combats, ce qui rend la préparation des affrontements cruciale. Choisir de mauvaises combinaisons d’archétypes peut rendre certains combats presque impossibles. Heureusement, des informateurs pourront vous fournir, moyennant paiement, des indices sur les forces et faiblesses de certains boss, vous permettant ainsi de vous équiper en conséquence avant le combat.

Enfin, je dis tour par tour, ce n’est pas tout à fait exact. Vous aurez droit à une touche de temps réel pour éliminer les ennemis les plus faibles ou donner le premier coup avant de passer en tour par tour.

Les donjons peuvent être parfois assez longs, il ne faudra donc pas hésiter à les compléter en plusieurs jours. D’ailleurs, le premier donjon est particulièrement long. La principale difficulté réside dans l’épuisement rapide des PM (points de magie), qui sont assez difficiles à récupérer.

L’autre aspect des jeux Atlus réside dans la dimension sociale, où le jeu encourage à créer des liens avec les autres personnages. Cela permet de développer vos vertus royales, qui sont au nombre de cinq : Sagesse, Imagination, Courage, Éloquence et Tolérance. Ces vertus se développent en participant à diverses activités, chacune ayant un coût en temps, comme un après-midi ou une soirée. Développer ces vertus vous permettra de découvrir et développer de nouveaux archétypes ainsi que de nombreux bonus passifs. De plus, cela permet de développer l’histoire des différents personnages, souvent poignante

La narration est de bonne qualité et aborde des sujets parfois sensibles et politiques, parfois avec une pointe de naïveté. En tant qu’aspirant au titre de roi, les discussions porteront souvent sur la meilleure façon de gouverner, en adoptant un angle résolument progressiste et plus mature que Persona. On remarquera que, bien que le jeu encourage à tisser des liens avec les autres personnages, il évite les romances, contournant ainsi les écueils courants de ces phases de jeu souvent déshumanisantes pour les personnages féminins. Cependant, le thème principal du jeu est l’utopie, exploré à travers un mystérieux roman que lit le protagoniste, incarnant l’espoir d’un monde meilleur pour faire avancer la société – une aspiration clairement nécessaire en ce moment

Bien sûr, le jeu propose une interface somptueuse, devenue la marque de fabrique des jeux Atlus. De plus, il inclut divers passages réalisés en animation traditionnelle, apportant une excellente finition au jeu. La bande son n’est pas en reste. Les titres composés par Shoji Meguro, le compositeur habituel des jeux Atlus, sont orchestraux avec de nombreux chœurs féminins et masculins, contribuant à une ambiance épique unique. Mention spéciale aux titres ‘Warriors in Arms’ / “Warriors in Valour”, utilisés dans les combats, avec les chants scandés par Keisuke Honryo, le prêtre en chef du temple Myojoji.

On appréciera les nombreuses touches de QoL, ou “qualité de vie”, ces améliorations visant à rendre le jeu plus pratique pour les joueurs. Par exemple, il est possible de laisser l’IA s’occuper des combats. Vous pouvez également recommencer un combat du début si vous sentez que ça part en vrille. De plus, il y a la possibilité d’apprendre des Archétypes sans visiter More après un certain point dans le jeu, évitant ainsi des allers-retours inutiles.

Bien que Metaphor: ReFantazio ait un goût indéniable de “Persona en heroic fantasy”, il reste un titre particulièrement solide. Les quelques changements dans les combats apportent un aspect tactique encore plus développé. Le jeu, avec ses fées et ses rois, encourage peut-être encore davantage les progrès sociaux que les jeux ayant un univers plus contemporain. Il nous entraîne dans une histoire pleine de camaraderie et d’espérance, réchauffant le cœur. Metaphor: ReFantazio est disponible sur PlayStation 4/5, Xbox Series X/S et Windows. À noter qu’il fonctionne de manière très satisfaisante sur SteamDeck, qui est devenu ma plateforme de prédilection pour ce titre.
Test réalisé à partir d’une version Xbox Series fournie par l’éditeur.
