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Inkulinati

Ecrit par papa

Oyez, oyez, braves gens, damoiselles et damoiseaux! Troubadours, faites rugir les trompettes, les tambours! Venez escouter l’histoire de ce jeu à guerroyer et vous esbaudir de ses fort belles enluminures ! 

OK OK j’arrête tout de suite l’ancien français, je ne me comprends déjà plus. Inkulinati est un jeu de stratégie au tour par tour. Mais sa grande différence (son KSP, son Key Selling factor si vous êtes dans le marketing) c’est que tout prend place dans des enluminures, c’est-à-dire toutes ces vignettes, ces lettres ornées, et ces personnages, qui décorent les manuscrits du Moyen Âge entre le 10e et 15e siècle 

Mainte joste et mainte estormie

Vous êtes un de ces copistes, un de ces enlumineurs, appelé Inkulinati qui dispose du pouvoir de faire prendre vie à des créatures grâce à une encre vivante et qui voyagent de par le monde pour s’affronter.

Cette encre magique vous permettra d’invoquer de nouvelles bêtes et vous pourrez la recharger en tuant les bêtes adverses (ou en profitant de certaines averses).

En cours de partie vous contrôlez un mini Inkulinati, une représentation de votre personnage. A la différence des autres créatures, celle-ci ne peut pas marcher, elle doit être boutée pour avancer. C’est elle qui peut invoquer les créatures et sa mort entraînera votre défaite. Le but de la partie est de faire baisser la santé de l’Inkulinati adverse à zéro (ou d’éliminer toutes les créatures sauvages). 

Les Inkulinati peuvent dessiner différentes bêtes (au nombre de 5 au maximum simultanément).  Chaque bête dispose de caractéristiques d’attaques ainsi que de bonus passifs très différents, on trouve ainsi un renard lancier, un âne barde, un sieur mollasson, … Ce sont souvent des animaux anthropomorphes mais cela peut être aussi une simple main. 

Vous commencez le tour (ou plutôt le chapitre)  de chaque unité le plus souvent par un déplacement, la portée de marche de chaque unité est indiquée par un rang vert. Se déplacer en marchant permet à l’unité de pouvoir ensuite effectuer une autre action (comme attaquer l’adversaire) toutefois votre unité peut aussi se déplacer un peu plus loin en courant mais cela forcera la bête à faire une sieste et ainsi terminer son tour. Chaque bête à une portée d’attaque différente selon son arme (épée, lance, arc,…). Les attaques à l’épée font plus de dégâts mais ne peuvent toucher que les rangs adjacents, la lance permet de toucher les adversaires placés à deux rangs d’eux. Quant aux arcs ils ont bien sûr la plus longue portée mais font moins de dégâts et la bête qui manient l’arc dispose souvent de moins de points de vie.  A chaque attaque il faudra appuyer au bon moment pour faire le plus de dégâts. Chaque bêtes dispose de capacités différentes comme la capacité de voler de l’encre,  ou celle de montrer ses fesses pour faire perdre en précision l’adversaire, certaines bêtes peuvent en outre utiliser leur tour pour prier afin d’effectuer une attaque plus puissante à leur tour suivant.  

En plus de l’attaque il vous est possible de bouter un adversaire, c’est-à-dire le déplacer. Ainsi le positionnement de vos créatures sera crucial en cours de partie car l’adversaire ne se privera pas d’envoyer tomber vos créatures ou votre Inkulinati dans l’abîme ou le feu de l’apocalypse. En effet au bout d’un moment (souvent à partir du 5e chapitre)  l’apocalypse se déclenche brûlant tout sur son passage et réduisant la zone de jeu cela vient souvent à point nommé afin d’éviter qu’une partie s’éternise. 

Par mi forez et par bois chevauchierent

Un point crucial durant la partie sera de récolter les gouttes d’encre disséminées sur la carte. D’ailleurs vous recevez un bonus en santé et un effet positif  toutes les 12 gouttes d’encre vivantes absorbées. 

Si les premiers combats se déroulent sur une simple ligne, par la suite vous aurez droit à des échelles, avec différents étages. 

L’autre point à noter est que les Inkulinati s’ennuient à force de dessiner les mêmes bêtes et la conséquence c’est que la quantité d’encre vivante requise pour dessiner une bête augmente avec l’ennui, la solution est donc d’avoir un bestiaire varié. 

Outre l’académie servant de tutoriel, le mode principal de jeu est l’épopée, un mode rogue-like, dans laquelle la partie prend place sur une carte où vous ferez des rencontres contre des bêtes sauvages jusqu’à atteindre un boss Inkulinati. Mais il y a aussi des destinations de non-combat où il faudra prendre des décisions qui impacteront vos ressources. Pour ceux qui veulent simplement une partie rapide, le jeu offre aussi un mode duel permettant d’affronter une IA ou un adversaire humain en mode hot seat à l’ancienne.

On appréciera l’énorme souci du détail et de la cohérence que ce soit durant le jeu, l’interface, la musique ou les tutoriels. De plus le contraste est saisissant entre les personnages animés façon dessin et d’autres éléments d’aspect réalistes comme la main de L’Inkulinati qui vient bouger ou écraser une créature ou certains arrière-plans. Il y a un côté papier découpé des dessins animés des Monty Python. D’ailleurs le jeu est plein d’humour (votre professeur en début de partie est un Yoda médiéval). Le jeu dispose d’une très bonne traduction en français ainsi que de nombreuses langues. Dans certains niveaux, le texte du manuscrit médiéval s’écrit au fur et à mesure narrant les événements de la bataille. C’est bien simple j’ai rarement vu un tel niveau de finition pour un si petit studio. Et c’est ce niveau de finition qui fait regretter le choix incompréhensible de la police de caractères minuscules de l’interface et du tutoriel qui rend difficile la lecture en version console de salon ou même sur un Steam Deck. Et c’est dommage car sinon il tourne parfaitement sur le Steam Deck.  Mais le jeu est actuellement en accès anticipé, nul doute que cela soit corrigé d’ici peu. 

Inkulinati est une rafraîchissante façon d’aborder le jeu de stratégie, non seulement de par sa présentation sans faille mais aussi par son humour et certaines de ses mécaniques (bouter les créatures permet de souvent faire pencher la balance). Un excellent premier jeu du studio Polonais Yaza Games qui ne doit pas rester à la marge (vous l’avez ?).

Le jeu est disponible sur PC Steam et GOG, Xbox One & Xbox Series X|S et même inclut dans l’ Xbox Game Pass.

Test réalisé à partir d’une version PC Steam fournie par l’éditeur. 

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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