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Yakuza: Like a Dragon

Ecrit par papa

L’après Kiryu

La sĂ©rie Yakuza (en japonais: RyĹ« ga Gotoku, ce qui signifie “comme un dragon”) dĂ©veloppĂ©e en interne chez Sega est devenue culte grâce Ă  son subtile mĂ©lange d’histoires de gangsters au grand cĹ“ur et de culture japonaise. Celle-ci cĂ©lèbre cette annĂ©e ses quinze ans d’existence. Si l’on a pu croire la sĂ©rie terminĂ©e avec l’épisode 6 et le dĂ©part de Kiryu, l’emblĂ©matique Dragon de Dojima, il n’en est rien.

Le hĂ©ros de ce nouvel Ă©pisode est donc Ichiban (cela signifie “le meilleur”) Kasuga, un jeune Yakuza de la petite famille Arakawa, une filiale de l’important clan Tojo. A l’opposĂ© du personnage prĂ©cĂ©dent Kiryu, Ichiban est jeune, inexpĂ©rimentĂ©, impulsif et bavard. Mais comme Kiryu il a un grand sens moral (c’est Ă  se demander ce qu’ils font chez les Yakuzas) et un grand cĹ“ur.

Yakuza: Like a Dragon débute comme souvent dans le quartier de Kamurochô, copie à peine voilée du fameux quartier chaud Kabukichō dans l’arrondissement de Shinjuku. Quiconque a déjà mis les pieds sur place reconnaîtra l’atmosphère. Au fil des épisodes, le quartier est devenu de plus en plus détaillé et fidèle à son modèle. On y retrouve même certaines marques et lieux célèbres (j’y ai retrouvé une chaîne de restaurant de sushi). Mais cet épisode apportera un nouveau cadre en amenant notre héros à Yokohama. C’est une ville portuaire à la périphérie de Tokyo qui est restée très ouverte sur l’extérieur, connue pour avoir d’importantes communautés chinoises et coréennes. Ce qui se traduit dans cette série par une guerre froide sur le point d’exploser entre yakuzas, les Geomiju coréens et les Liumang chinois. On notera que Yokhama propose des environnements plus vastes que dans les autres Yakuza.

Nouveau hĂ©ros, nouveau dĂ©cor, Yakuza: Like a Dragon apporte aussi un nouveau gameplay pour les combats. Fini les combats en temps rĂ©el, bonjour les affrontements au tour par tour Ă  la façon des RPGs japonais classiques. D’ailleurs le hĂ©ros n’hĂ©site pas Ă  faire rĂ©fĂ©rence Ă  Dragon Quest Ă  la moindre occasion. A noter que ces combats sont assez dynamique et un aspect temps rĂ©el subsiste (il faudra appuyer sur le bouton au bon moment pour dĂ©clencher une attaque plus forte, parer une contre-attaque ou sournoisement donner un coup Ă  un adversaire au sol). S’il respecte tous les canons du genre, l’univers est très proche de la rĂ©alitĂ©. Ici les capacitĂ©s spĂ©ciales ne seront plus des sorts ou des boules de feu, mais plutĂ´t un lâcher de pigeon, un coup de batte de baseball ou un lancer de cartes, les potions seront plutĂ´t de rĂ©elles marques de boissons japonaises (Suntory Green Tea, Boss coffee, …). Comme dans tout RPG au tour par tour, certains alliĂ©s seront plutĂ´t lĂ  pour maximiser les dĂ©gâts, tandis que d’autres agiront en soutien avec des buffs ou des soins. Aspect terre Ă  terre oblige, les classes de personnages ne seront pas des guerriers, magiciens et autres paladins mais plutĂ´t des serveuses, agents de sĂ©curitĂ© ou musiciens. Et ces classes, ces jobs, vous les changerez chez Hello Work, le pĂ´le emploi Japonais.
Vous combattrez en équipe car Ichiban assemblera grâce à son charisme et son grand cœur une petite équipe hétéroclite. Il y aura Adachi, l’ancien flic dur à cuir, Nanba, un ancien infirmier devenu sans domicile fixe et Saeko l’hôtesse de bar.

Comme toujours le jeu sera bourré de quêtes secondaires farfelues dont les Yakuza ont le secret: courses de vélo pour attraper des canettes à recycler, parodie de Pokédex,…
Vous pourrez effectuer les missions de l’application HĂ©ros Ă  mi-temps ou gĂ©rer de petites entreprises pour arriver au sommet de Yokohama. Bien sĂ»r il y aura de nombreux mini-jeux, avec l’accès aux Sega Center avec de vrais jeux classiques entiers. Un nouveau mini-jeu vous demandera de lutter contre le sommeil dans une sĂ©ance de cinĂ©ma et que serait un Yakuza sans KaraokĂ© ? Bref, pas moyen de s’ennuyer. Et les nombreux restaurants (manger et boire redonne des points de vie et d’attaque) avec leurs photos dĂ©taillĂ©es ne manqueront pas de vous mettre en appĂ©tit.

A noter l’aspect social encore plus marqué. En effet les personnages iront visiter le pôle emploi japonais, notre héros vivra un moment une vie de SDF et le jeu portera un regard moins manichéen (mais pas non plus super progressiste) sur le travail du sexe.

On apprĂ©ciera la traduction dans de nombreuses langues (chose assez rĂ©cente dans la sĂ©rie mais qui a permis d’Ă©largir le cercle de ses fans). Il est possible d’y jouer avec un doublage japonais ou anglais et des sous-titres français (le jeu prĂ©cise que les sous-titres français sont plus fidèles au doublage japonais).Le doublage japonais auquel j’ai jouĂ© semble de bonne facture (je ne comprends pas le japonais, mais il permet de retranscrire les Ă©motions des personnages et l’ambiance)

Techniquement sur notre Xbox One X de test le jeu est solide et similaire au précédent Yakuza 6: The Song of Life. Si les textures ne sont pas toujours folles (la série n’ayant pas été connue pour ses prouesses techniques), c’est le niveau de détail et la direction artistique qui rendent le jeu si impressionnant. Les visages sont superbement détaillés et permettent de retranscrire les expressions de façon très réaliste. C’est cette façon de montrer ce qui est beau et ce qui est sale, les aspects les plus brillants, les néons, comme ces parkings fades à l’abandon qui donne un aspect unique à la direction artistique. A noter des cinématiques nombreuses et impressionnantes.

Et sur next Gen ? Sur notre Xbox Series X le jeu permet de jouer en 4K Ă  30FPS ou en 1440p Ă  60FPS, ce dernier mode sera peut-ĂŞtre plus agrĂ©able. Les chargements sont un peu plus rapides (ils n’étaient pas non plus affreux sur Xbox One X) et c’est Ă  peu près tout. La fonction Quick Resume n’Ă©tait pas disponible au moment du test. Bref votre expĂ©rience sera sensiblement similaire quelle que soit votre support.

Si on devait trouver quelques aspects négatifs, on pourrait évoquer certains donjons (des égouts) assez longs et répétitifs. Par ailleurs des joueurs peu habitués aux Yakuzas pourront être surpris par le nombre de cinématiques et de dialogues.

Le changement de gameplay apporte un indĂ©niable Ă©lĂ©ment de fraĂ®cheur Ă  la sĂ©rie (mais j’apprĂ©cie les combats en temps rĂ©el assez fous fous des prĂ©cĂ©dents Ă©pisodes aussi), et le personnage insuffle jeunesse et renouveau, mais Yakuza: Like a Dragon conserve l’esprit de la sĂ©rie tant apprĂ©ciĂ©e. C’est cet Ă©quilibre entre le drame, l’action, l’humour absurde qui donne son sel Ă  Yakuza: Like a Dragon, ce cĂ´tĂ© un peu soap opĂ©ra aussi. Un excellent jeu Ă  conseiller aux fans d’aventure et de Japon.

Test réalisé à partir d’une version Xbox One / Xbox Series fournie par l’éditeur.

A propos de l'auteur

papa

Rédacteur en chef avec la Passion™ ® du Jeu Vidéo depuis ses débuts sur Spectravideo et Sinclair ZX81.
Fier papa de 2 jeunes gamers.

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